Le Kids Act est une proposition européenne publiée le 17 septembre 2026 pour encadrer l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, aux plateformes vidéo, à certains jeux et aux agents conversationnels. Le texte interdirait les comptes sociaux avant 13 ans, imposerait des comptes supervisés à 13 et 14 ans, puis autoriserait un compte autonome à partir de 15 ans. Il n’est pas encore applicable.
Qu’est-ce que le Kids Act proposé par l’Union européenne ?
Le Kids Act, ou « EU Keeping Internet Digital Spaces Accountable and Trustworthy », est un projet de règlement présenté par la Commission européenne le 17 septembre 2026. Référencé COM(2026) 681 et 2026/0286(COD), le texte doit encore être adopté par le Parlement européen et le Conseil avant de devenir une règle applicable.
La distinction compte. En septembre 2026, aucune plateforme ne peut présenter les seuils prévus comme une obligation européenne déjà en vigueur. Le calendrier final, les éventuels amendements et la date d’application dépendront de la procédure législative ordinaire.
Le projet cherche à harmoniser des initiatives nationales devenues difficiles à lire pour les plateformes et les annonceurs. Selon un document du Conseil de l’Union européenne daté du 17 septembre 2026, des restrictions concernant l’accès numérique des mineurs étaient préparées ou négociées dans 17 États membres lors de la communication de la Commission.
Le périmètre dépasse Instagram, TikTok, Snapchat ou YouTube. D’après la Commission européenne en 2026, le Kids Act couvrirait aussi les plateformes de partage de vidéos, les jeux en ligne jugés risqués, les compagnons fondés sur l’intelligence artificielle et les chatbots conversationnels généralistes. Les services éducatifs, administratifs, industriels et bureautiques d’intelligence artificielle seraient exclus.
À quel âge un mineur pourrait-il utiliser un réseau social ?
Le Kids Act créerait trois niveaux d’accès en 2026 : aucun compte de réseau social avant 13 ans, un compte limité et contrôlé par un responsable légal à 13 ou 14 ans, puis un compte autonome à partir de 15 ans. Les comptes supervisés seraient limités à une heure d’utilisation quotidienne.
| Âge | Accès prévu | Principales limites |
|---|---|---|
| Moins de 13 ans | Pas de compte social personnel | Certains services vidéo adaptés accessibles via le compte d’un responsable légal, sans recherche ni fil personnalisé, dans la limite d’une heure par jour |
| 13 à 14 ans | Compte supervisé | Contrôle parental, contacts approuvés et plafond quotidien d’une heure |
| 15 ans et plus | Compte autonome | Protections des mineurs et paramètres sûrs prévus par le règlement |
Le tableau reprend les seuils publiés par la Commission européenne le 17 septembre 2026. Le dispositif ne correspond donc pas à une interdiction uniforme de tout contenu numérique avant 15 ans. Un enfant de moins de 13 ans pourrait regarder un service vidéo étroitement défini comme adapté aux enfants depuis le compte d’un responsable légal.
Cette nuance modifierait fortement la distribution des contenus jeunesse. Un contenu regardé sans moteur de recherche et sans recommandation personnalisée ne bénéficie plus des mêmes boucles de découverte. Les créateurs famille doivent suivre cette évolution avec autant d’attention que les plateformes, un enjeu déjà visible dans la surveillance réglementaire des momfluencers et créateurs famille.
Sur le terrain, la limite d’une heure n’est pas un simple détail d’interface. Elle réduit mécaniquement le temps disponible pour capter l’attention d’un adolescent et peut concentrer les consultations sur quelques comptes déjà connus. Honnêtement, publier davantage ne compensera pas cette contrainte : la clarté du sujet dès les premières secondes deviendra plus déterminante.
Comment la vérification de l’âge fonctionnerait-elle ?
La vérification de l’âge prévue par le Kids Act remplacerait la simple date de naissance déclarée lors de la création d’un compte. La Commission européenne propose en 2026 une preuve d’âge certifiée, notamment grâce à une application européenne de vérification, puis au portefeuille européen d’identité numérique lorsqu’il sera disponible.
Les plateformes devraient aussi contrôler les comptes existants de manière proportionnée. Dans les six mois suivant le début d’application des règles, elles devraient désactiver les comptes appartenant à des utilisateurs de moins de 15 ans, sauf conversion en compte supervisé répondant aux conditions prévues.
Le piège que beaucoup de marques sous-estiment est la rupture possible dans les données d’audience. Si des comptes sont désactivés, convertis ou privés de personnalisation, les abonnés historiques, la portée par tranche d’âge et les centres d’intérêt déclarés peuvent évoluer sans que le contenu du créateur ait changé. Une baisse d’impressions ne prouverait donc pas automatiquement une baisse d’affinité.
Les community managers devraient conserver des relevés datés des données démographiques disponibles dans Instagram Insights, TikTok Analytics et YouTube Analytics. Il faut comparer des périodes équivalentes, isoler les changements de produit et éviter de fusionner dans un même rapport portée organique, vues payées et audience authentifiée.
Quelles fonctions des plateformes seraient limitées ?
Le Kids Act imposerait en 2026 une conception plus sûre pour les mineurs en ciblant le défilement infini, la lecture automatique, les notifications artificielles, les récompenses d’engagement, les séries quotidiennes ou « streaks » et les recommandations fondées sur le profilage. Les contacts non sollicités et les réglages risqués par défaut seraient également visés.
Ces mécanismes ne sont pas accessoires. Sur TikTok, Instagram Reels et YouTube Shorts, la lecture en chaîne et la recommandation personnalisée structurent la découverte bien au-delà de la base d’abonnés. L’analyse de l’influence de TikTok sur les enfants aide à comprendre pourquoi le fil algorithmique est devenu un sujet réglementaire à part entière.
Un créateur ne doit pourtant pas confondre recommandation limitée pour les mineurs et disparition générale de l’algorithme. La proposition vise des fonctionnalités précises, pour des utilisateurs identifiés comme mineurs. Les effets réels dépendront des réglages retenus par chaque service, de la qualité de la vérification d’âge et des versions adoptées par les législateurs.
Les compagnons d’intelligence artificielle seraient soumis à une contrainte supplémentaire. Selon les explications de la Commission européenne publiées en 2026, les chatbots accessibles aux mineurs ne pourraient pas simuler des relations susceptibles de créer une dépendance émotionnelle. Par défaut, ils ne devraient pas non plus reporter le contenu des conversations précédentes dans les sessions suivantes.
Cette séparation des sessions toucherait les expériences narratives, les assistants personnalisés et certains personnages virtuels. Sur cette niche, mieux vaut concevoir une interaction utile en une seule session plutôt que bâtir toute la rétention sur une relation continue avec un personnage artificiel.
Que doivent préparer les créateurs et les annonceurs ?
Les créateurs et les annonceurs doivent traiter le Kids Act comme un risque de conformité et de distribution, pas comme une interdiction déjà entrée en vigueur. Dès 2026, ils peuvent auditer l’âge visé, les mécanismes de captation d’attention, les données publicitaires utilisées et les contrats impliquant des créateurs mineurs ou une audience jeunesse.
Une campagne pour un produit familial n’est pas nécessairement destinée aux enfants. À l’inverse, un montage rapide, un personnage adolescent ou un défi peut attirer une audience mineure malgré un ciblage média adulte. Le positionnement éditorial, les données de plateforme et le contexte du produit doivent être lus ensemble.
Voici les actions à engager sans attendre l’issue définitive de la procédure :
- cartographier les campagnes dont l’audience mineure est intentionnelle ou significative ;
- demander des statistiques d’audience datées et ventilées par plateforme, sans exiger de données personnelles sur les abonnés ;
- prévoir dans les contrats une clause d’adaptation si un format, un ciblage ou une fonctionnalité devient indisponible ;
- concevoir des vidéos compréhensibles sans dépendre d’un fil ultra-personnalisé ou d’une série quotidienne ;
- séparer les indicateurs de portée, de mémorisation, de clic et de vente plutôt que de juger une campagne sur les seules vues ;
- documenter la validation du responsable légal lorsqu’un créateur mineur participe à une opération.
Les marques actives dans l’alimentation doivent être particulièrement méthodiques. Les liens entre recommandations sociales et comportements alimentaires des adolescents sur TikTok rendent les créations, les allégations et le ciblage sensibles, même lorsqu’une campagne respecte formellement les outils publicitaires de la plateforme.
Les services comptant au moins 45 millions d’utilisateurs mensuels dans l’Union européenne devraient remettre des plans de conformité évalués par des auditeurs indépendants, à leurs frais. La Commission européenne superviserait les plus grands services couverts, tandis que les autorités nationales suivraient les autres à travers les structures du Digital Services Act et de l’AI Act.
Le projet publié sur EUR-Lex en 2026 prévoit aussi que la redevance de supervision applicable aux très grands fournisseurs couverts serait plafonnée à 0,03 % de leur revenu net annuel mondial de l’exercice précédent. Douze mois après le début d’application du règlement, les fournisseurs concernés devraient activer les comptes parentaux et respecter les exigences dédiées aux compagnons d’intelligence artificielle et aux chatbots.
Pour les créateurs, la bonne stratégie reste la diversification. Une audience retrouvable par recherche, newsletter ou vidéo longue résiste mieux qu’une communauté dépendante d’un seul fil de recommandation. La progression de TikTok comme moteur de recherche en 2026 montre déjà l’intérêt de travailler des sujets explicites, des légendes précises et des contenus qui répondent à une intention.
ValueYourNetwork mobilise son expertise des réseaux sociaux pour accompagner les stratégies adaptées aux nouvelles règles. Que vous soyez influenceur ou annonceur, développez vos réseaux sociaux avec nous et contactez-nous pour structurer vos prochaines campagnes.
FAQ sur le Kids Act et les réseaux sociaux
Le Kids Act est-il déjà en vigueur en Europe ?
Le Kids Act n’est pas en vigueur au 21 septembre 2026. La proposition COM(2026) 681 doit être examinée et approuvée par le Parlement européen et le Conseil avant de pouvoir devenir un règlement applicable.
Instagram et TikTok seront-ils interdits aux moins de 15 ans ?
Instagram et TikTok ne seraient pas accessibles avec un compte autonome avant 15 ans selon la proposition publiée en 2026. Les jeunes de 13 et 14 ans pourraient utiliser un compte supervisé, tandis que les moins de 13 ans ne pourraient pas ouvrir de compte social personnel.
Les parents pourront-ils créer un compte supervisé pour leur enfant ?
Un responsable légal pourrait contrôler un compte limité pour un enfant de 13 ou 14 ans selon le projet de 2026. Le compte intégrerait notamment des contacts approuvés, des contrôles parentaux et une limite d’utilisation quotidienne d’une heure.
YouTube serait-il accessible aux enfants de moins de 13 ans ?
Certains services vidéo adaptés aux enfants pourraient rester accessibles avant 13 ans via le compte d’un responsable légal. La proposition de 2026 prévoit alors la désactivation de la recherche et des fils personnalisés, avec une durée maximale d’une heure par jour.
Les créateurs pourront-ils encore produire des contenus pour adolescents ?
Le Kids Act n’interdit pas la création de contenus destinés aux adolescents. Le projet encadre surtout l’accès aux comptes, la vérification de l’âge, les paramètres de sécurité et les fonctions de recommandation ou de rétention proposées aux mineurs.